mixeum
Retours sur la Rencontre web2.0 <> musées

Merci à Diane Drubay, Yves-Armel Martin et à Conxa Rodà d’avoir partagé leur retours sur la journée de rencontre du 16 octobre à Paris.

Ils ont fait tout le travail ;°)…Alors je les rassemble ici et les garde près de moi :

A robot historian ponders the cathedral and the bazaar (via karlpalmas)

Vidéo twittée par MuseumNext

Une vidéo un peu étrange et séduisante en même temps : une voix de robot compare la cathédrale et le bazar (dans le sens “marché, souk”) comme métaphore de la communication descendante et des réseaux sociaux.

Je la trouve pertinente et plutôt “parlante” sur les deux logiques qui s’affrontent entre :

  • hiérarchies / transversalité
  • subordination / délégation
  • consommation / production & tests
  • fermeture / ouverture…

Des dichotomies qui rappellent celles de Tim O’Reilly et sa définition du web2.0

Cette métaphore est celle d’un essai sur deux modèles de développements informatiques. Une source également citée par MuseumNext qui demande à l’occasion si cette métaphore s’applique au musées…

Entre entre la logique “vitrine” et la logique “relationnelle”, entre objets et les publics, entre l’expert et l’amateur…je dirais qu’on retrouve bien ces paradigmes en jeux dans les musées…nos “temples du savoir”.

Diane relaie sur son blog l’appel à projet du Ministère de la Culture, lancé pour la première fois dans cette direction.

4 grands critères de sélection :

  • expérimenter de nouveaux usages
  • valoriser autrement les ressources numériques déjà existantes
  • créer de nouveaux services
  • mettre en place des partenariat recherche/musées/entreprises

L’aide entre 20 000 à 50 000 € pourra financer 100% du budget de fonctionnement prévisionnel soumis par les structures nationales (rattachées au ministère), 50 % pour les autres.

Hier j’ai rencontré, à la journée “numérique au musée” du Musée des Augustins, la chargée du suivi du Plan National de Numérisation. Elle a insisté sur l’aspect “partenariat musées et entreprises” comme critère essentiel.

Open Museum : une plateforme ouverte pour les musées et leurs visiteurs

Un musée participatif en ligne, sans “murs”, sans “frontières”, ouvert à tous…c’est l’ambition d’Open Museum (OMo), une nouvelle plateforme web orientée “musées”.

OMo est une initiative d’Héritance, un organisme “non-profit” pour qui :

(…) open museums are simply more interesting, engaging and rewarding to their visitors when they present a variety of contrasting perspectives and interpretations. Because any story worth telling always has more than one side.

Héritance revient sur la dimension “open” d’Open Muséum ici sur son blog

Open Museum - Open Museum

Avec cette équation en tête : “objects + people = museums”, OMo propose trois entrées principales :

  • Explore people : pour faire connaissance avec les membres “visiteurs-internautes”
  • Explore objects : un catalogue d’oeuvres
  • Explore museums : les organismes qui participents et la liste de leurs collections

3 entrées connectées entre elles : les objets sont associés aux membres qui les ont désignés comme “favoris”. Ils sont également reliés aux collections et aux musées auxquels ils appartiennent.

Open Museum propose de faire le lien entre les objets “sur place” et leurs pages correspondantes avec un système de QR-Code :

J’aime beaucoup cette initiative dont le potentiel “communautaire” fait tout l’intérêt à mon avis. C’est vrai qu’en y réfléchissant on se dit pourquoi pas une plateforme web “inter-musées” dédiées à ceux qui les aiment. Il y en a bien pour les fans du tricot…;°)

Mais l’enjeux est justement de réussir à fédérer une communauté assez importante pour y produire une bonne densité de contenus, générer une forme “d’intelligence collective”, favoriser des échanges riches, et des affinités entre les membres qui auront envie d’y revenir…

Dans ce sens, l’architecture du site pourrait peut être intégrer les ressorts “web2.0” en faisant des profils (people) l’entrée principale. Par exemple en proposant d’avoir une liste d’amis, de voir les objets qu’ils collectionnent et à qui on peut en suggérer d’autres…ou encore de pouvoir rebondir, façon “amazon”, avec des suggestions de type “les membres qui comme vous ont aimé cet objet, ont également aimé ceux ci…”

Mais cette communauté existe t-elle ? et si c’est le cas, les membres potentiels seront-ils assez motivés, à l’heure de la “social media fatigue”, pour s’inscrire et ajouter OMo à leurs routines “youtubespacebooktruc” ?

Voir le site ici

Struggling Museum Now Allowing Patrons To Touch Paintings | The Onion - America&#8217;s Finest News Source
;°D
Quelles compétences Web pour le musée ?

Pour ce petit exercice “DRH” j’ai commencé par me demander “Qu’est ce qui fait un musée en ligne” et essayé de déterminer les éléments constitutifs d’un site web de musée.

Ici je ne considère que les compétences “web” : je voudrais aborder l’implication des savoirs-faire “musée”, des collègues et de leur compétences propres une autre fois.

Je les reprend ici ces éléments en y ajoutant les compétences qu’ils impliquent.

competences web

Les compétences requises sont très variées :

  • Techniques / Informatiques : développement pour l’intéractivité (code, standards, SEO…) et l’intégration des éléments de contenus de “service” (Bases de données, API mashups et webisation des applications métiers billetterie, résa…)
  • Graphiques et ergonomiques : multimédia et design (CSS, animations flashs, versions mobiles…) pour la présentation du site web et des éléments de contenus “riches” (podcasts, animations, jeux, mini-sites…)
  • Editoriales et journalistiques : pour les contenus d’informations en particulier (présentations, actualités, préparation à la visite, dossiers…)
  • Communication et marketing : pour les contenus de communication et pour une présence adaptée sur les réseaux sociaux
  • Animation en ligne / Management de Communauté : pour faire vivre et gérer la communauté en ligne du musée
  • Gestion de projets : pour coordonner l’ensemble de ces compétences dans le cadre de projets importants.

Il y sûrement d’autres compétences en jeux, ou des termes plus appropriés…si vous les connaissez, je suis preneur.

La répartition de ces compétences en interne, et auprès de prestataires éventuels, dépend de chaque musée, de ses moyens et de ses ambitions en ligne : c’est ce que je voudrais voir la prochaine fois…

Qu'est ce qui "fait" un musée en ligne ?

Si je me pose cette question, c’est parce que je voudrais essayer de répondre à d’autres :  “quelles sont les compétences web à avoir dans un musée ?”, “quelle équipe web ?”, “quel positionnement dans l’organigramme ?”.

Mais pour répondre à ces questions, je préfère commencer par le début, et me demander “quels sont les différents éléments qui “font” un site web”. Quels sont les “blocs” constitutifs, plus ou moins distincts et modulables, d’une présence en ligne d’un musée ou d’un site touristique ?

Avec ce canevas on pourra en déduire des périmètres de compétences et percevoir les enjeux de ressources humaines plus facilement.

éléments web

Un offre web est constituée plus ou moins :

  • d’une interface (la “boîte”…)
  • de contenus (ce qu’on met dedans)


L’interfaçage comprend l’intégration des éléments de contenus par

  • la présentation graphique, animée
  • par l’intéractivité (quand je clique il se passe ça et après ça fait ça…)

Les contenus peuvent être de plusieurs nature :

  • Informationnels : ce sont des informations (horaires, itinéraires, suggestions de visites…), de la communication en ligne (espaces “presse”, plaquettes…). Ces contenus se réfèrent à la “description” du musée et de son offre (y compris en ligne d’ailleurs). Ils constituent le minimum requis de tous les sites de musées avec plus ou moins de sophistication (des horaires, à la préparation de la visite en fonction de son “profil visiteur”…)
  • Multimédia - “riches” : ce sont des contenus documentaires et/ou multimedia propres au site web (ils constituent son offre éditoriale propre et incluent une part d’interfaçage (présentation et intéractivité) importante: dossiers, mini-sites d’expos, visites virtuelles, des podcasts, des jeux…
  • De services : ce sont des contenus de type accès à la recherche dans des bases de données, de type applications “métiers” telles que la billeterie, la réservation, la vente boutique…
  • Communautaires : cette catégorie émergente inclue l’ensemble des contenus diffusés et échangés avec les internautes sur les réseaux sociaux. Ces contenus sont la plupart du temps de nature éditoriale mais diffèrent des contenus précités par leur traitement et leur mise en ligne. Il ne s’agit plus de “diffuser” mais d’intégrer ces contenus dans un flux “conversationnel” au sein de communautés d’intérêts que le musée gère ou auquel il s’affilie selon ses thématiques.

Site “plaquette”, déploiement sur de multiples réseaux sociaux, visites virtuelles, podcasts, offres mobiles, catalogues des collections… : les compétences en jeux sont très variées : du développement au design web, de la publication éditoriale à l’animation communautaire… Le type et le nombre de profils impliqués seront très différents selon le positionnement du positionnement du musée en ligne, de ses ambitions et de l’offre qu’il veut y décliner.

Il faudrait prendre en considération l’émergence de l’Internet des Objets et l’inscription du web dans les espaces du muséum. A mon sens ce “web” ambiant relève d’une démarche muséographique et appelle un nouveau champ de compétences.

Avant d’essayer de cerner toutes ces compétences et des les articuler avec des profils “métiers”, je suis curieux de savoir si vous avez une autre façon de “décortiquer” le web, si j’ai oublié une dimension, ou si ça correspond bien ?

4 courts entretiens vidéos d’experts en marge d’un colloque à San Diego sur la stratégie “social media” des musées. Avec :

  • Peter Samis : Associate Curator of Interpretation au SFMOMA pour qui la stratégie doit être conçue à plusieurs, avec les esprits créatifs du musée et de ses partenaires, tout en prenant soin de le faire à l’aune des ressources disponibles. La direction doit également prendre en compte l’aspect générationel et déléguer l’intégration de ces outils à ceux, en interne, qui les pratiquent
  • Susan Chun : créatrice de Steve, le project d’indexation sociale des collections, pour qui l’intégration stratégique des réseaux sociaux doit se faire au plus haut niveau, pour assurer un véritable changement culturel, par un changement de politique d’établissement. Il faut maintenant arrêter les projets web souvent menés en “sous-terrain” plus ou moins officiels car ils nuisent à la mise en place intégrée et pérenne de futurs projets.
  • Seb Chan : Responsable des nouveaux medias au Powerhouse Museum (Sydney) qui a réussi à faire de la publication sur le blog une des responsabilités de tous les conservateurs du musée, agrémentée d’un zest de compétition…

Je suis totalement d’accord avec ces principes qui pose le web comme un des territoires sur lequel le musée, dans son ensemble, doit déployer toute son offre, l’articuler avec celle sur place et avec les responsabilités “métiers” en interne. C’est le nerf de la guerre.

Cet article et ces réflexions sont partagées au bon moment puisque la Rencontre web 2.0 et Musée du 16 octobre est justement consacrée à ces questions d’organisation interne du musée dans son déploiement sur les réseaux.

Voici la présentation de la journée web 2.0 et musées au Louvre, le 16 octobre.

Il s’agit d’une journée de partage d’expériences et de réflexions entre professionnels de musées (webmasters, chargés media/web…) sur la mise en oeuvre opérationnelle de projets web 2.0

Il s’agit de voir ce qui est fait concrètement dans les musées par les uns et les autres et de voir comment on peut le faire dans le cadre de nos institutions : intégration stratégique, déploiement du musée sur les réseaux, articulation des plateformes et des offres, implication des collègues, circuits de diffusion et de validation interne, évaluation de la démarche web 2.0…nous aborderons tous ces sujets ensemble.

Alors on se retrouve bientôt !

Une journée que j’organise avec Yves-Armel Martin  du Centre Erasme. C’est à l’occasion de ma visite chez lui à Lyon que nous avions décidé de proposer cette rencontre.

Merci à Diane Drubay (Buzzeum) pour tous ses conseils et à Yannick Vernet du Mucem pour son aide. Merci à tous les intervenants.

tag pour la journée : #webmus

expo mixeum - a gallery on Flickr (via samuelbausson)

expo mixeum - a gallery on Flickr (via samuelbausson)

Photos et écrans dans les musées : au détriment ou au service de la visite ?

Peut-on “vraiment” visiter un musée à travers l’écran de son appareil photo numérique ? Les bornes vidéos et interactives permettent-elles vraiment de mieux “voir” les œuvres ? La questions de fond reste la même : les écrans sont-ils des enrichissements pour la visite ou sont-ils des “écrans de fumées” qui en inhibent l’expérience ?

Les Funérailles de Monna Lisa de Yan Pei-Ming (via yannick_vernet)
photo : Yannick Vernet

Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais, cet été, plusieurs billets de blog ont été publiés sur le sujet de la place de la technologie et des écrans dans les musées. Écrans introduits aussi bien par les visiteurs et leur appareils mobiles que par les musées et leurs bornes interactives. Le sujet n’est pas nouveau mais c’est l’occasion de s’y intéresser et d’articuler ces réflexions éparses ici pour mémoire.

Ces technologies qui permettent de découvrir autrement le patrimoine (27 juillet) : Le Figaro fait un panorama des outils intégrés dans les musées telles que la Réalité Augmentée, qui fait “voir” autrement en ajoutant des couches d’informations à celles de l’œil nu, ou les visites guidées multimédia à télécharger sur son smartphone.

L’apport des nouvelles technologies (3 septembre) : est la réaction de Muséologique à l’article précité et de rappeler que tout le monde ne va pas “télécharger quantité d’informations à partir d’une borne bluetooth” et qu’il “faut surtout un projet scientifique et culture fort”

At Louvre, Many Stop to Snap but Few Stay to Focus (2 Août) : l’article du New-York Times à suscité beaucoup de réactions (418 commentaires à ce jour) en remettant ce sujet sur la table. Comme dans une galerie marchande, les visiteurs-consommateurs “font” le Louvre, l’appareil photo vissé sur l’œil et, d’après l’auteur, accumulent les images souvenirs sans ne rien vraiment “voir” au final.

Does tech engage or distract ? (4 Août) : est la réaction de Shelley Bernstein du Brookly Muséum. Responsable des projets technologiques là bas, elle est pourtant plutôt d’accord et note, d’après ses propres observations sur place, que “80 % du temps les visiteurs étaient collés aux écrans” qu’elle avait installé sur de petits écrans ipod.

Are Screens Killing Museums ? billet de Paul Orselli cité par Shelley Bernstein et qui liste 10 défauts des écrans dans les musées, palliatifs, souvent rébarbatifs et vite obsolètes, à une muséographie mal pensée…

Dans l’autre sens, Nina Simon (Museum 2.0) à réagit dans les commentaires en admettant que même si le risque est présent, la meilleurs technology n’est pas celle qui la distrait mais celle qui au contraire l’encourage explicitement à revenir sur l’oeuvre et l’aide à “aller plus loin” que si elle est livrée à elle-même.

Museum photo policies should be as open as possible (20 août) sur son blog, Nina Simon poursuit alors la discussion en la réorientant vers les écrans apportés par les visiteurs eux-même : elle se fait l’avocate d’un règlement le plus permissif possible à l’égard des appareils photos dans les musées. En substance elle voudraient que les musées laissent les visiteurs s’engager de la façon avec laquelle ils se sentent à l’aise. Cette culture de l’auto-documentation, aussi envahissante nous semble t-elle, est aussi un moyen pour les visiteurs de s’approprier leur expérience au musée et de la partager (et la diffuser) de façon authentique après.

Je la rejoins complètement quand elle y voit un point crucial (révélateur et symptomatique) des institutions qui se voient comme ouvertes et centrées sur les visiteurs. Il vaut mieux que le musée se focalise sur une relation inclusive plutôt que défensive (voir “policière”) avec les publics.

Un nouvel interdit au musée : la photographie ? (Janv-Fév. 2008) Son billet m’a rappelé un article de l’OCIM que je me souviens avoir lu et qui allait dans le même sens et qui montrait “comment la photographie peut en définitive être considérée par le visiteur comme un instrument de médiation” alors que, par facilité ou en s’arrogeant des droits d’exploitations usurpés, les musées se contentent souvent d’interdits pur et simples.

En résumé, les écrans et autres supports sont souvent des distractions faciles mais ils peuvent enrichir la visite si ils enrichissent un propos construit du musée, si ils incitent à voir “de plus près” les oeuvres sans s’y substituer et si ils facilitent son appropriation personnelle.

A noter, au passage, la proposition quelques semaines plus tard du Brooklyn Museum qui va dans ce sens : BklynMuse une visite personnalisée à suivre sur son mobile générée par la recommandation indirecte des autres visiteurs, façon “Amazon” (ceux qui ont aimé ce tableau ont également aimé ceux-ci…). Un écran mobile qui encourage la découverte et le rebond d’intérêt en intérêt…

La photographie : un accélérateur du visuel (27 août) : pour finir cette “revue de web”, le blog de la Recherche en histoire visuelle, déplace le débat sur un autre registre pour finalement s’y soustraire : la photographie et les écrans ne sont pas de simples supports de reproduction visuelle, ils sont un nouvel oeil par lequel nous transformons notre vision du monde qui a fini, de façon inhérente, par changer de nature…bigre !

The Evolving Web In 2009: Web Squared Emerges To Refine Web 2.0 [Dion Hinchcliffe&#8217;s Web 2.0 Blog]
Musées puissance 2 = Web 2.0 + expos&#160;?
Le Web squared (Web &#8220;exponentiel&#8221; ou &#8220;puissance 2&#8221; en français dixit InternetActu) serait la prochaine évolution du web. Ce sont Tim O&#8217;Reilly (inventeur de la notion de Web 2.0) et John Battelle qui le disent ici (traduction française par InternetActu)
Ce que j&#8217;ai compris (avec l&#8217;aide de Frédéric Cavazza) c&#8217;est qu&#8217;il englobe le web 2.0, ses fonctionnalités &#8220;sociales&#8221; de &#8220;crowdsourcing&#8221; et &#8220;d&#8217;intelligence des foules&#8221;, comme on dit, avec l&#8217;intégration de bases de données reliées et capables de se renseigner entre-elles  (émergence de ce que d&#8217;autres appellent le web 3.0, le web sémantique). Bases de données sans cesse alimentées par notre interaction avec l&#8217;environnement réel (Internet des objets, mobiles, GPS&#8230;). C&#8217;est une étape où le web va &#8220;sortir&#8221; de l&#8217;ordinateur et apprendre de lui-même pour générer de l&#8217;information &#8220;implicite&#8221; et utile en temps et en heure pour chacun.
L&#8217;équation étant&#160;: Web² = web 2.0 + World, je me demande bien ce que ce &#8220;web square&#8221; va donner dans le monde des musées &#8220;sur place&#8221; et comment ces données vont enrichir l&#8217;offre &#8220;en ligne&#8221;&#160;: Si on prend une photo d&#8217;un objet, ou reste 2 minutes devant une oeuvre d&#8217;art, le Web square va t-il nous inviter à voir les autres oeuvres de la même période dans d&#8217;autres musées aux alentours, devant lesquels les visiteurs avec les mêmes affinités, et &#8220;fans&#8221; des mêmes musées que moi sur Facebook, sont également restés au moins 2 minutes ou ont également pris en photo, par exemple&#160;? D&#8217;ici là me fournira t-il des informations contextuelles sur l&#8217;oeuvre en question, et que ces mêmes visiteurs ont jugées interessantes, quand je pointe mon smartphone dessus&#160;?&#8230;
L&#8217;essentiel à mon sens, d&#8217;un point de vue &#8220;stratégie&#8221; c&#8217;est que le web sera &#8220;diffus&#8221;, partout et nulle part. Si aujourd&#8217;hui les équipes web essaient de positionner le &#8220;musée en ligne&#8221; comme un des espaces à part entière du musée, on devrait ne plus le faire à l&#8217;heure du Web square&#160;: il sera là, c&#8217;est tout. La frontière &#8220;online&#8221;, &#8220;onsite&#8221; que l&#8217;on cherche à ouvrir, sera franchie et dépassée.
C&#8217;est justement une question similaire que je m&#8217;étais posée après ma visite au Centre Erasme à Lyon&#160;: comment articuler le web2.0 du webmaster et l&#8217;Internet des objets du muséographe dans les expos&#160;? Comment articuler la puissance des réseaux sociaux avec les expositions &#8220;immersives&#8221; qui s&#8217;adaptent à chaque visiteur&#8230;on dirait que ça vient.

The Evolving Web In 2009: Web Squared Emerges To Refine Web 2.0 [Dion Hinchcliffe’s Web 2.0 Blog]

Musées puissance 2 = Web 2.0 + expos ?

Le Web squared (Web “exponentiel” ou “puissance 2” en français dixit InternetActu) serait la prochaine évolution du web. Ce sont Tim O’Reilly (inventeur de la notion de Web 2.0) et John Battelle qui le disent ici (traduction française par InternetActu)

Ce que j’ai compris (avec l’aide de Frédéric Cavazza) c’est qu’il englobe le web 2.0, ses fonctionnalités “sociales” de “crowdsourcing” et “d’intelligence des foules”, comme on dit, avec l’intégration de bases de données reliées et capables de se renseigner entre-elles  (émergence de ce que d’autres appellent le web 3.0, le web sémantique). Bases de données sans cesse alimentées par notre interaction avec l’environnement réel (Internet des objets, mobiles, GPS…). C’est une étape où le web va “sortir” de l’ordinateur et apprendre de lui-même pour générer de l’information “implicite” et utile en temps et en heure pour chacun.

L’équation étant : Web² = web 2.0 + World, je me demande bien ce que ce “web square” va donner dans le monde des musées “sur place” et comment ces données vont enrichir l’offre “en ligne” : Si on prend une photo d’un objet, ou reste 2 minutes devant une oeuvre d’art, le Web square va t-il nous inviter à voir les autres oeuvres de la même période dans d’autres musées aux alentours, devant lesquels les visiteurs avec les mêmes affinités, et “fans” des mêmes musées que moi sur Facebook, sont également restés au moins 2 minutes ou ont également pris en photo, par exemple ? D’ici là me fournira t-il des informations contextuelles sur l’oeuvre en question, et que ces mêmes visiteurs ont jugées interessantes, quand je pointe mon smartphone dessus ?…

L’essentiel à mon sens, d’un point de vue “stratégie” c’est que le web sera “diffus”, partout et nulle part. Si aujourd’hui les équipes web essaient de positionner le “musée en ligne” comme un des espaces à part entière du musée, on devrait ne plus le faire à l’heure du Web square : il sera là, c’est tout. La frontière “online”, “onsite” que l’on cherche à ouvrir, sera franchie et dépassée.

C’est justement une question similaire que je m’étais posée après ma visite au Centre Erasme à Lyon : comment articuler le web2.0 du webmaster et l’Internet des objets du muséographe dans les expos ? Comment articuler la puissance des réseaux sociaux avec les expositions “immersives” qui s’adaptent à chaque visiteur…on dirait que ça vient.